La réalité est la perception

Il est dit à Moïse « Ce renouvellement (de la lune) est le premier des renouvellements (des lunes) ». C’est par ces mots que le peuple juif reçut son calendrier, dont les mois sont lunaires, mais qui demeure fidèle au cycle saisonnier de l’année solaire.

Contrairement à l’année solaire, où la nature subit des changements fondamentaux tout au long du cycle, le cycle lunaire engendre peu de changement sur ​​la terre. Le changement le plus important est notre perception de la lune : combien nous, ici-bas sur terre, pouvons en voir.

Ceci nous enseigne quelque chose de puissant : comptez, vivez, selon la lune, selon votre perception comme énoncé dans la Torah. Ce qui est finalement important n’est pas l’existence en soi, mais comment nous la percevons, comment nous l’utilisons, comment nous l’élevons.

Nous pouvons percevoir la luminosité de la lune, c’est-à-dire la présence de D.ieu et le potentiel d’utilisation du monde pour les choses positives qui nous sont demandées. Nous pouvons également percevoir l’obscurité, la négativité de la relation au monde de façons inappropriées.

C’est cette perception que nous choisissons ; cette perception est le vrai but et la véritable réalité du cosmos, bien plus réelle que tout ce que nous pourrions considérer à première vue, être concret et immuable.

Rav Shlomo Yaffe

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La vie en AA… A ?

La réalité sait être brutale et le monde impitoyable. Voici que, tout à coup, ces deux entités portent sur la collectivité un regard critique. Plus encore, les voici qui jugent et déclarent que tel est digne de confiance tandis que l’autre ne l’est pas ou l’est moins, que tel est vertueux alors que tel autre s’est laissé entraîner dans une facilité oublieuse. Et c’est ainsi que, sans l’avoir demandé, le collectif se retrouve dans la situation de l’évalué et, par voie de conséquence, du félicité ou du sanctionné. Que le jugement prononcé soit neutre ou biaisé, qu’il soit fiable ou sujet à caution, finalement c’est de peu d’importance. Le seul fait qu’il existe modifie les choses. Les lignes bougent et les membres du collectif concerné en pressentent déjà les effets. Qui aurait pu donc penser que l’accumulation d’instants d’insouciant bonheur pouvait un jour se solder par une vie dégradée ?

D’une certaine manière, tout se passe comme si nos actes, notre façon de vivre étaient soumis au regard d’autrui, par nature extérieur et donc plus objectif que celui que nous portons sur nous-mêmes. « Sache ce qui est au-dessus de toi », enseignent nos Sages, « un œil qui voit, une oreille qui entend et toutes tes actions sont inscrites dans le livre. » Jusqu’ici, cette idée pouvait ne sembler être qu’une sorte de mise en garde générale et largement théorique. Il fallait sans doute beaucoup de foi pour parvenir à ressentir la présence permanente d’un témoin de nos actions, se transformant en juge à l’issue du processus. Aujourd’hui, voici que nous vivons très concrètement cette réalité. Et cette soudaine, et inéluctable, prise de conscience est loin d’être agréable. Il en est toujours ainsi avec le regard que l’autre porte sur nous. Il a ce pouvoir d’arracher le voile complaisant dont nous pouvions couvrir nos petits arrangements. Il remet tout en cause, car il nous renvoie à nos propres choix sans nous laisser la moindre échappatoire.

Et s’il y avait là un enseignement précieux ? Si, au-delà des conséquences matérielles, par nature passagères, tout cela était porteur d’une leçon pérenne… Peut-être est-ce aussi cette idée qu’il nous appartient de retenir ? Alors sachons-le : nos actes existent en dehors de nous-mêmes et vont probablement plus loin que ce que nous pouvons généralement percevoir. Quels qu’ils soient, manifestement importants ou apparemment anodins, ils modèlent une part de notre avenir et parfois l’orientent. Et tout cela n’est pas vrai uniquement dans un sens indésirable. Au contraire, ça l’est encore davantage dans celui de l’espoir et du positif tant il est vrai que le bien l’emporte toujours. Un acte… pour un monde de Bien.

Par Haim Nisenbaum

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Un roi de chair

Verset du Prophète Isaïe sur le mur de L'ONU à New York.

Certaines personnes ont du mal à assimiler l’idée d’un « roi Machiah », bien que, généralement parlant, elles acceptent l’idée de délivrance messianique. Elles croient ainsi que viendra une ère de paix et de fraternité universelles lors de laquelle s’accompliront les prophéties telles que « ils transformeront leurs épées en socs de charrue ». Ce qu’il leur est difficile d’admettre, c’est l’idée que tout ceci sera accompli par un être humain, le Machia’h. On peut comprendre la base psychologique d’une telle réticence. Nous vivons une époque démocratique. Il n’y a plus de rois et l’époque où le peuple suivait aveuglément des « leaders » tout-puissants est également révolue. C’est aujourd’hui le citoyen qui est roi : c’est lui qui nomme les gouvernants et qui les remplace le moment venu. Il est compréhensible que quelqu’un qui a grandi à notre époque ait du mal à accepter l’idée qu’un homme de chair va devenir roi et exercer un pouvoir absolu, tel que le Machia’h est défini.

Cette vision des choses, selon laquelle la délivrance messianique se résume à l’avènement d’un « monde meilleur » constitue une dénaturation de la foi juive en la venue du Machia’h. On ne peut non plus l’accepter sous le prétexte que la Torah évoque le Machia’h par des allégories et des métaphores. Il y a certes des sujets qu’il est possible – voir qu’il convient – de percevoir sur le plan métaphorique. Par exemple, on peut interpréter le fameux « âne » du Machia’h comme symbolisant la matière, que « chevauche » le Machia’h, ou dans le sens d’un long processus qui s’inscrit dans les voies de la nature. Mais dénier à l’ensemble du sujet de Machia’h tout sens littéral est en totale contradiction avec la foi juive en la venue du Machia’h.

Il y a également une idée populaire opposée, selon laquelle le Machia’h sera une figure céleste et spirituelle, une sorte d’ange qui apparaîtra soudainement pour rédimer le monde. Cette image aussi est en contradiction avec le personnage du Machia’h telle que les sources du Judaïsme le décrivent.

S’il existe dans la Torah et dans les enseignements de nos Sages nombre de sujets pouvant être compris sur un plan allégorique, ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de la Halakha, la loi juive. Lorsque la Halakha statue sur quelque chose, cela doit être compris dans son sens le plus littéral et le plus pratique. Or, l’avènement messianique est défini dans la Halakha de manière incontournable comme étant celui d’un être humain, un roi de la lignée du roi David, qui apportera la délivrance au peuple d’Israël et au monde entier.

Le Machia’h n’est pas une « ère »

Au début des lois relatives au Machia’h, Maïmonide ne laisse place à aucun doute :

« Le roi Machia’h se lèvera un jour pour rétablir la royauté de David en son état, comme lors de son institution »

Le rôle du Machia’h est ainsi avant tout de rétablir la royauté de la dynastie de David. Il s’agit donc bien d’un roi, membre de cette dynastie, à travers lequel la royauté qui s’était éteinte en notre peuple sera restaurée. C’est également ainsi que l’a prophétisé Isaïe :« Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines. »

Dès lors, le Machia’h, ce n’est pas une ère ou une époque, c’est un homme, un Juif, descendant du roi David.

Ainsi, la Délivrance sera le fait d’un homme qui deviendra roi et conduira le peuple, le « roi Machia’h ». Dans les mots de Maïmonide : il « amènera tout Israël à suivre les chemins [de la Torah] et à en fortifier les positions » : il « livrera les guerres de D.ieu » ; il construira le Temple ; il rassemblera les exilés d’Israël ; et il « préparera toute l’humanité à servir D.ieu de concert ».

Toutefois, le règne du Machia’h se distinguera en cela qu’il sera exempt de toute soif de pouvoir et de toute motivation personnelle. Le Machia’h sera certes un homme, mais un homme empreint d’une grande puissance divine, comme le décrit le prophète Isaïe9 :

« Sur lui reposera l’esprit de D.ieu : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de D.ieu. Animé ainsi de la crainte de Dieu, il ne jugera point selon ce que ses yeux croiront voir, il ne décidera pas selon ce que ses oreilles auront entendu. »

Il dirigera avec la plus grande droiture :

« Mais il jugera les faibles avec justice, il rendra des arrêts équitables en faveur des humbles du pays ; du sceptre de sa parole il frappera les violents et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses reins, et la loyauté l’écharpe de ses flancs. »

 

La raison de la création

Mais la question demeure : pourquoi la rédemption doit-elle se faire précisément par l’entremise d’un homme ? Pourquoi ne pourrait-elle pas prendre la forme d’une évolution globale de l’humanité vers les degrés de sainteté, de foi et de justice qui caractériseront l’ère messianique ?

De fait, cette question touche à la raison profonde de la création de l’homme et à celle de la fonction du peuple d’Israël dans le monde. Car on peut poser la même question sur la création de l’homme : D.ieu ne pouvait-il pas amener le monde à sa perfection sans pour cela recourir à l’homme ?

Mais D.ieu a expressément désiré que la Création soit raffinée et amenée vers sa perfection par les Enfants d’Israël – des êtres humains – qui accompliraient la Torah et les mitsvot et sanctifieraient ainsi le monde par leurs actions. C’est précisément à travers l’action d’hommes, âmes revêtues d’un corps, que s’accomplit la volonté divine de posséder une « résidence dans les mondes inférieurs ».

C’est là l’unicité de l’homme, qu’à travers lui se manifeste la combinaison du divin et de la réalité matérielle. D’un côté, il est un être de chair, de l’autre, il est doté d’une âme divine. D’un côté, il est soumis aux limites de la nature, de l’autre, il a reçu le libre arbitre. Du fait que lui seul incarne le mélange de la sainteté surnaturelle et de l’existence physique, l’homme est seul à même d’effectuer la rencontre de la lumière infinie de D.ieu avec ce monde terrestre.

C’est chez le Machia’h que ce dualisme existera de la manière la plus parfaite. D’un côté, il sera un homme, tout ce qu’il y a de plus humain, et d’un autre, « sur lui reposera l’esprit de D.ieu ». Son action d’amener le monde à sa plénitude ne relèvera pas du miracle, d’une approche faisant fi de la réalité matérielle, mais sera la combinaison d’une action humaine avec l’énorme puissance divine qui se trouve en elle. C’est pourquoi c’est précisément lui qui sera en mesure de mener le monde à la rédemption et à la perfection, conformément à la volonté de D.ieu.

Par Menahem Brod

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2012, la fin du monde ? J’y crois et je l’attends, du matin jusqu’au soir !


La fin du monde est-elle pour 2012 ?

Les Mayas, un peuple d’Amérique centrale précolombienne, utilisaient un calendrier dont le cycle le plus long durait 5125 ans. Un bas relief gravé dans la pierre représente le calendrier qu’ils utilisaient. Le terme du cycle tombe en l’an 2012. Cette année.

Fin du calendrier, fin du monde ? J’ai chez moi un calendrier mural 5772-2011/2012. Celui-ci s’achève la veille de Roch Hachana 5773. Si vous venez chez moi, allez-vous me demander si moi aussi je crois en la fin du monde parce que mon calendrier s’arrête à la fin de l’année ? Ce serait absurde, n’est-ce pas ?

Non, ce n’est pas à cause d’une histoire de calendrier, fut-il Maya, Toltèque ou Chichimèque, que je crois en la fin du monde en 2012.

Car, sachez-le, j’y crois dur comme fer.

Je crois de toute mon âme que cette année notre monde connaîtra sa fin. D’ailleurs, quand on est Juif, pas la peine d’aller déterrer les vestiges de cette affreuse civilisation maya, un peuple d’idolâtres baignés du sang de leurs sacrifices humains.

Notre propre tradition fait état de la fin d’un monde, et de l’avènement d’un nouveau monde. On le trouve du reste dans de nombreux textes, comme dans Isaïe 65, versets de 17 à 25 :

Oui ! Me voici en train de créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, si bien qu’on ne se rappellera plus ce qui aura précédé ; on n’en gardera pas le moindre souvenir. Réjouissez-vous, au contraire, et félicitez-vous à jamais de ce que Je vais créer ; car voici, Je fais de Jérusalem un sujet d’allégresse, et de son peuple une source de joie. Et Moi-même Je me réjouirai de Jérusalem et J’aurai du plaisir de Mon peuple : on n’y entendra plus ni bruit de pleurs, ni cris de douleur. On n’y verra plus d’enfant [ne vivant que] quelques jours, ni de vieillard qui n’achève sa carrière ; Le loup et l’agneau paîtront côte à côte, le lion comme le bœuf mangera de la paille et le serpent se nourrira de poussière ; plus de méfaits, plus de violence…car sera considéré comme jeune homme celui qui mourra à cent ans, et comme maudit le pécheur devenu centenaire. On bâtira des maisons et on les habitera ; on plantera des vignes et on en mangera les fruits. On ne bâtira pas pour qu’un autre en profite, on ne plantera pas pour qu’un autre en jouisse ; mais les jours de Mon peuple seront comme les jours des arbres, et mes élus useront jusqu’au bout l’œuvre de leurs mains. Ils ne se fatigueront plus en vain, et ils n’enfanteront plus pour la ruine : ce sera la lignée des bénis de l’Éternel, et leurs rejetons demeureront avec eux. Avant qu’ils M’appellent, Moi, Je répondrai ; ils parleront encore que déjà Je les aurai exaucés. Le loup et l’agneau paîtront côte à côte, le lion comme le bœuf mangera de la paille et le serpent se nourrira de poussière ; plus de méfaits, plus de violence sur toute Ma sainte montagne : c’est l’Éternel qui a parlé.

Un autre ? Isaïe 66, verset 20 à 23 (figurant dans la Haftarah de Roch ‘Hodech) :

Et l’on amènera tous vos frères du milieu de chaque nation, comme tribut à l’Éternel, sur des chevaux, sur des chars, dans des litières, sur des mulets, sur des dromadaires, vers ma sainte montagne à Jérusalem, dit l’Éternel, comme les enfants d’Israël apportent leurs tributs, dans des vases purs, au temple du Seigneur. Bien plus, J’en élirai parmi eux comme prêtres, comme lévites, dit l’Éternel. Oui ! Comme ces cieux nouveaux et comme cette terre nouvelle que Je ferai naître dureront devant moi, dit l’Éternel, ainsi subsisteront votre lignée et votre nom. Et il arrivera constamment, à chaque Roch ‘Hodech, à chaque Chabbat, que toute chair viendra se prosterner devant Moi, dit l’Éternel.

Certes, on n’est pas ici en plein scénario catastrophe hollywoodien. La planète ne va pas se désintégrer, les océans ne vont pas s’évaporer, le ciel ne va pas nous tomber sur la tête.

Vous vous connaîtrez tel que vous êtes dans le plan divin. De quelle « fin du monde » s’agit-il alors ? La fin d’un monde de crime et d’agression, de dictatures et de guerre, de pauvreté et d’injustice. La fin d’un monde où un peuple païen ivre du sang de ses enfants pouvait flanquer la frousse à des millions d’honnêtes gens des centaines d’années après sa disparition.

Et la naissance d’un monde où le bien profond que recèle chaque chose – dans le langage de la ‘Hassidout, l’étincelle divine qui la crée – sera révélé et perceptible. Un monde dans lequel vous-même serez enfin révélé(e) dans tout votre potentiel bénéfique, un monde dans lequel vous vous connaîtrez tel(le) que vous êtes dans le plan divin.

Le Rabbi de Loubavitch explique que la révélation divine qui aura lieu lors de l’ère messianique sera si intense que toute chose existera à un plan infiniment plus élevé qu’à l’heure actuelle. Le monde sera le même monde, le ciel, la terre, les arbres, les oiseaux, les gens. Mais il sera le support de la révélation divine au lieu d’en être l’écran opaque.

Ce changement sera la conséquence d’une révélation profondément nouvelle de la Torah Celle-ci, dans son essence, est en effet l’instrument de la création du monde.

Et ce qui suscitera cette nouveauté radicale, enseigne le Rabbi, sera une « nouveauté radicale » de notre part : le fait que le peuple juif d’aujourd’hui, évoluant dans un monde sans Patriarches et sans prophètes, sans Temple et sans Cohen Gadol, contesté en diaspora et contesté sur sa terre, sans les guides et les maîtres du passé, et soumis à toutes les tentations de l’abondance matérialiste – le fait que ce peuple continue d’accomplir la volonté de D.ieu, d’étudier Sa Torah et de pratiquer Ses commandements dans la plus grande abnégation, révélant ainsi la profondeur de l’âme, constitue une « nouveauté radicale » dans l’histoire de la création et de l’humanité.

2012, la fin du monde ? J’y crois et je l’attends, du matin jusqu’au soir, comme nous le disons dans la prière quotidienne : « Car en Ta délivrance nous espérons toute la journée. »

Rav Emmanuel Mergui

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Le Miroir du Baal Chem Tov

« Ne les craignais point, car c’est l’Eternel votre D-ieu, qui combattra pour vous.” (Deutéronome 3:22).

Il arriva un jour que Rabbi Shneur Zalman (le “Alter Rebbe” en yiddish et fondateur du mouvement loubavitch) se trouva dans une ville dans laquelle le feu se déclara dans une maison. Lorsque le Rabbi se trouva sur les lieux de l’incendie, il rencontra un groupe de soldats russes qui étaient en train d’essayer sans succès d’éteindre le feu qui faisait rage. Le Rabbi se tint debout, en face de la maison en feu ; il s’appuyait sur sa canne et fixa du regard quelques instants le feu. Tout d’un coup, et sans explication apparente, le feu s’éteignit.
Les soldats, épuisés par une lutte qui semblait perdue d’avance, n’en croyaient pas leurs yeux. Immédiatement, ils coururent annoncer cet évènement d’un genre particulier à leur général. Après avoir entendu l’histoire, le général russe envoya ses soldats afin de demander à l’Alter Rebbe de venir le voir. Lorsque l’Alter Rebbe se présenta devant le général, celui-ci lui demanda : “Êtes-vous un parent du saint homme juif connu par le nom du Baal Chem Tov ?”
Le Rebbe répondit : “Cher monsieur, bien que je ne fasse pas partie de sa famille au sens strict du terme, je me considère comme son petit-fils spirituel ; de fait, je suis un disciple du maguid de Metzritch, le successeur du Ba’al Chem Tov. Cependant, puis-je vous demander pour quelle raison vous me posez cette question ?”
“Lorsque mes soldats m’ont appris que le feu avait été contrôlé après que vous l’ayez regardé pendant quelques secondes, je me suis souvenu d’une histoire qui est arrivée à mon père.”
“Mon père était également un général. Un certain jour, il se trouvait avec ses troupes dans la ville de Mezibouz. Mon père était très inquiet car cela faisait plusieurs semaines qu’il n’avait pas reçu de lettres de la part de sa femme. Il commençait à avoir des pensées funestes sur ce qui avait pu arriver à ma chère mère. Son moral était au plus bas et cela affectait grandement ses relations avec ses soldats. Un de ses officiers lui suggéra d’aller chercher conseil auprès d’un saint homme juif connu par le nom du Ba’al Chem Tov. La réputation de cet homme était grande et on disait de lui qu’il faisait de véritables miracles. ‘Sans doute pourra-t-il faire quelque chose pour vous et vous donner des nouvelles de votre femme,’ lui dit l’officier.
“Mon père était d’une humeur exécrable. Ne pouvant penser à aucune chose possible à faire, il donna son accord ; il envoya l’officier, qui lui avait suggéré cette idée, rencontrer le Ba’al Chem Tov afin d’arranger une rencontre entre les deux. A la grande surprise de mon père, l’officier revint en lui disant que le secrétaire du Ba’al Chem Tov lui avait dit que le saint homme juif refusait de rencontrer mon père. Piqué à vif, mon père envoya un officier d’un grade supérieur, mais le Ba’al Chem Tov ne modifia pas sa position : il refusait toujours de rencontrer mon père.
Cela était trop pour mon père ; les refus du Ba’al Chem Tov, ajoutés au souci qu’il se faisait à propos de ma mère, l’avaient rendu furieux. Il n’acceptait simplement pas l’idée qu’un simple Rabbi puisse refuser de parler à ses officiers et, à plus forte raison, à lui-même : après tout, n’était-il pas un général d’armée ? Mon père savait connaissait un peu de choses à propos de vos fêtes, ainsi que de vos coutumes. Nous étions quelques jours avant Pessa’h (la Pâques juive). Il envoya de nouveau un officier avec un message spécifique : si le Ba’al Chem Tov refusait encore de le rencontrer, il utiliserait son autorité d’officier de l’armée russe afin d’ordonner à ses troupes d’occuper les maisons juives de la ville. Mon père savait parfaitement les conséquences désastreuses qu’une telle éventualité représentait pour les juifs : du pain et de la nourriture non kachère dans leurs maisons, et pendant la fête de Pessa’h de surcroît !”
“La menace fit immédiatement son effet et le Ba’al Chem Tov demande au messager de mon père de lui transmettre l’information suivante : mon père, le général, était invité à venir rendre visite au Ba’al Chem Tov. Lorsque mon père arriva, il entra dans la salle d’attente ; la porte qui le séparait du Ba’al Chem Tov était entrouverte et il aperçut le saint homme juif assis dans sa salle d’étude. Celui-ci était absorbé par l’étude du livre qui était posé devant lui ; plus tard, mon père apprit que ce livre était le Zohar. Cependant, avant que mon père frappe à la porte afin de signaler sa présence, son attention fut attirée par un grand miroir accroché au mur de la salle d’attente.”
“Mon père s’approcha du miroir et ajuste ses vêtements. Il ne désirait pas donner l’impression au saint homme juif qu’un officier de l’armée russe puisse négliger son apparence. Lorsqu’il regarda dans le miroir, mon père fut abasourdi : ce qu’il voyait était la route qui menait à sa propre ville, plutôt que de s’y voir lui-même ! Tandis qu’il fixait du regard la route, celle-ci se modifiait, l’emmenant devant sa maison. Sans qu’il puisse l’avoir prévu, voici maintenant qu’il voyait l’intérieur de sa maison. Il aperçut sa femme qui était assise à la table du salon, et qui lui écrivait une lettre. Mon père pouvait voir d’une façon très claire la lettre que ma mère lui écrivait. Elle s’excusait du retard de sa réponse : la fin de sa grossesse avait été difficile et elle venait tout juste de donner naissance à un beau petit garçon. Mon père avait toutes les raisons de se réjouir !”
“Mon père était littéralement renversé par la vision du miroir. Lorsqu’il rencontra le Ba’al Chem Tov, il le remercia abondamment. Quelques jours plus tard, la lettre de ma mère arriva… pour annoncer à mon père qu’il avait un nouveau fils en pleine santé. La lettre était identique à celle que mon père avait vue dans le miroir. Cette histoire a tellement frappé mon père qu’il l’a rédigée dans son journal intime.”
“Je suis,” poursuivit le général russe “le fils dont la naissance a été annoncée par le Ba’al Chem Tov.” Mon père avait une dernière information à communiquer à l’Alter Rebbe : “Et je porte toujours sur moi le journal intime de mon père dans lequel est raconté cette histoire.”
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Lettre 1370 du 26 Teveth 5712 le Rabbi de Loubavitch écrit à Baba salé

La foi de Baba Salé en la venue imminente du Machia’h, et son impatience à l’attendre, étaient célèbres. A tous ceux qui assiégeaient sa demeure pour recevoir ses bénédictions, il communiquait cette foi et cette flamme. 

Ce que le monde connaît moins est son lien particulier avec l’enseignement du Baal Chem Tov et de ses saints disciples, particulièrement avec l’« Admour Hazaken », auteur du Tanya et fondateur de ‘Habad.

Au cours de ses fréquents séjours en France (entre 5714 et 5724) il préférait se réfugier au calme, derrière les murs de la Yéchivah « Tom’hei Tmimim Loubavitch » de Brunoy, où il pouvait se consacrer, particulièrement pendant les mois d’Elloul et de Tichri, à l’étude de la Torah et au service de la Téfilah. L’un de ses ouvrages de prédilection était le « Likoutei-Torah » du Baal-Hatanya.

Le Rav Yehochoua Hadad שליט »א de Milan, se souvient qu’il eut le privilège, en Elloul 5716, d’avoir été choisi pour être le « ‘Havrouta » (le compagnon d’études) du « Baba Salé », à l’étude du « Likoutei Torah ». Il raconte que, devant les stupéfiantes révélations de cet ouvrage, le Tsadik éclatait parfois d’un rire joyeux, dénotant une délectation profonde, incompréhensible pour un être ordinaire, et qu’il s’écriait : « Zalman ! Où as-tu pris cela ? »

Le Rav Ma’khlouf Aminadav Krispin שליט »א, marié à la petite-fille du Tsadik, raconte que celui-ci, habitant alors Yavneh, mit à la porte de sa maison un Rav important qui dirigeait un « Collel » dans la même ville, parce que ce dernier avait fait une remarque désobligeante à l’égard du Baal Chem Tov. Il était alors entré dans une grande colère, lui lançant : « Qui êtes-vous pour entrer dans un tel sujet et arbitrer entre des Grands ? Je sais, moi, qui est le Baal-Chem-Tov. Maintenant, sortez d’ici, je ne veux plus vous voir à côté de moi ! ». Puis il avait appelé le Rav Krispin, initiateur de la visite, l’avait sermonné pour avoir introduit dans sa demeure un homme qui parlait contre le Baal Chem Tov, et avait ajouté : « Tu vas voir, si ce Collel reste à Yavneh, je ne suis plus Baba Salé ». Bien entendu, le Tsadik ne parla à personne de cet incident, mais le lendemain, le maire de Yavneh convoqua le Roch-Collel et l’informa que le Ministère de l’Intérieur avait coupé les subventions aux étudiants de son Collel. Ce même jour, le Collel cessa toute activité, comme l’avait prédit le Tsadik.

La relation avec le Rabbi

Les liens du « Baba Salé » avec le Rabbi étaient extraordinaires. Dans une lettre (reproduite dans « Igueroth-Kodech », lettre 1370 du 26 Teveth 5712, le Rabbi le complimente et le bénit pour sa décision de monter en Terre Sainte, dictée par la Providence Divine et destinée à fortifier l’esprit de nos frères, les influençant à renforcer la Torah et les Mitzvoth, particulièrement à veiller à ce que leurs enfants ne tombent pas dans les pièges de l’éducation relâchée, mais à ce qu’ils reçoivent, sans exception, celle de la Torah et des Mitzvoth, de la crainte de D-ieu et de la Tradition des saints ancêtres…

Dans une autre lettre ( 1 - 2 - 3 - 4 ), le Rabbi l’encourage, à cause de la situation spirituelle médiocre en Eretz-Israël, à ne pas rechercher la retraite au calme que le Tsadik envisageait, ni même à quitter la Terre Sainte pour trouver refuge aux Etats-Unis, mais, « ayant le mérite, de par le Ciel, d’être un dirigeant du peuple d’Israël, auquel des milliers d’hommes obéissent, parce que vous possédez des forces puissantes, il est donc souhaitable que vous demeuriez à proximité des lieux où habitent nos frères séfaradim (Chlita) assoiffés de la Torah de D-ieu… Je vous conseille donc de rester en Eretz-Israël. »

Cette lettre l’encourageant à fixer sa résidence en Eretz-Israël, faisait suite à plusieurs autres missives où le Rabbi l’exhortait à monter en Terre Sainte. Particulièrement après que le « Baba Salé » ait consulté l’avis du Rabbi sur le fait qu’il voulait se retirer au calme pour s’y consacrer à l’étude de la Torah et au Service divin, envisageant même de se fixer aux Etats-Unis.

Le Rav Bentsion Grossman שליט »א rapporte ce qu’il entendit des proches du Tsadik : « le fait que Baba Salé ait voulu habiter aux Etats-Unis en 5712 (1952) est assez surprenant, car ce pays ne regorgeait pas d’institutions « orthodoxes » à cette époque, et encore moins de communautés séfarades organisées, aussi qu’y recherchait-il ? ».

Les mêmes personnes répondent, pour l’avoir entendu du Tsadik, qu’il voulait rejoindre le Rabbi, pour œuvrer avec lui dans l’instauration de la Guéoula, et c’est à cet effet qu’il demandait son avis. Le Rabbi lui répondit, en une missive pleine de références kabbalistiques, qu’il lui conseillait de se fixer en Eretz-Israël… afin d’employer les trésors d’aptitudes que lui avaient légués ses saints ancêtres, et de livrer combat au mauvais penchant et aux forces du mal, en tête des troupes qui obéissent à sa volonté, pour diffuser le Divin tout autour d’eux ».

Dans la lettre 2083 le Rabbi se réjouit de ce que le Tsadik ait bien accueilli sa précédente missive où il lui conseillait « d’employer ses forces au service du public et de ne pas choisir l’isolement ».

C’est à partir de cette époque que Rabbi Israël soutint toutes les initiatives et campagnes du Rabbi. Lorsqu’il revint au Maroc, en 5714, et qu’il vit tout ce qu’avaient réalisé les émissaires du Rabbi dans toutes les villes et régions du pays, il remercia le Rabbi par lettre d’une manière particulièrement chaleureuse. De retour en Terre Sainte en 5724, il continua à soutenir le Rabbi et ses émissaires, manifesta publiquement sa coopération à la « campagne des Téfiline » lancée par le Rabbi, en s’associant à la lettre collective de soutien, que contresignèrent tant d’autres autorités, comme Rabbi Ezra Attia זצ »ל et Rabbi Rafaël-Barou’kh Toledano זצ »ל.

Il soutint également de manière publique la campagne pour l’allumage des bougies de Chabbath par les fillettes.

Lorsqu’on vint lui raconter qu’un Rav assez connu s’opposait à cette mesure, il répondit à ses informateurs d’un air étonné : « Comment comparer une mouche aux ailes coupées à l’aigle planant dans les cieux ? » 

Il lutta de toutes ses forces contre le décret inique de « Mihou Yehoudi », l’amendement à la Loi du retour qui reconnaît comme juive toute personne qui s’est convertie sans mentionner la nécessité d’une conversion conforme à la Hala’kha, la loi pratique du Judaïsme. Cet amendement est malheureusement toujours en vigueur du fait des pressions exercées par les réformés américains sur les gouvernements successifs d’Israël, avec chantage aux aides du Congrès américain à la clé. Il envoya lettres et télégrammes à tous ceux qui luttaient pour l’abrogation de cette loi, exprimant son espoir qu’en fin de compte, c’est la Hala’kha qui serait seule reconnue en la matière.

Tout lui revient

Rapportées par son gendre, le Rav Yachar Edrehi שליט »א, plusieurs anectodes montrent, s’il en était besoin, l’admiration inconditionnelle du Tsadik envers le Rabbi.

Pendant le deuil qu’il observait après le départ de son fils le Tsadik Rabbi Méir זצ »ל, il reçut une lettre de consolation du Rabbi. Lorsqu’on lui communiqua la lettre, il se mit debout, et s’écria, le visage baigné de larmes : « Qui suis-je et que suis-je, pour que le Rabbi de Loubavitch pense à moi et m’envoie une lettre de condoléances ? »

Une autre fois, un Rav qui lui rendait visite, le questionna sur le fait que les ‘hassidim disaient que le Rabbi est le roi Machia’h. Le « Baba-Salé » lui répondit avec un sourire et une expression d’admiration : « Echtahil Kolchi ! »(en arabe : « Tout lui revient, il mérite tout »).

Le Rav Yossef Deutch זצ »ל ; Roch-Yéchivah à Yérouchalaïm racontait volontiers : « Un jour où je participais à un repas chez le Tsadik, j’eus l’occasion de répéter des paroles de Torah prononcées par le Rabbi. Lorsqu’il m’entendit citer le nom du Rabbi, il leva la main et dit : « Vé-Lo Yikhath ‘Amim ». Ces mots sont extraits du verset 10 (chapitre 49) de Beréchith, faisant référence au roi Machia’h : « …. A lui les nations obéiront ».

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Rabbi Moché Aaron Pinto

Rabbi Moshé Pinto avait 17 ans lorsqu’il voulut se marier. Il vint chez son père Rabbi Haïm Pinto et lui demanda qu’il lui trouve une femme vertueuse. Rabbi Haïm Pinto sourit et dit à son fils : “Mon fils ta future femme n’est pas encore née et tu dois attendre”.

Entre temps, Rabbi Moshé Pinto s’était fiancé plusieurs fois, mais ça n’a jamais marché jusqu’à ce qu’il arrivât à l’âge de 33 ans. Il voulut quitter la ville de Mogador ainsi que la “Yéchiva” de son père. Le même jour où il décida de quitter la ville, il écrivit une petite lettre et l’a mit dans l’Arche Sainte.

La même nuit, Rabbi Moshé Pinto rêva de son père qui lui dit : “Mon fils ne te fais pas de soucis, ce mois-ci ta femme promise viendra chez toi à la maison avec sa mère et son nom est Mazal. C’est moi qui lui ai donné ce nom depuis 16 ans pour que tu saches qu’elle sera ta femme”. Et ainsi fut fait. Le même mois, une famille vint de Marrakech à Mogador en vacances. Le père de famille qui était malade, est mort à Mogador, le restant de la famille ne voulut pas faire les “Sept jours” (Chivaat Haevel) à l’hôtel, ils allèrent tous chez l’un des amis de la famille. Ce même ami alla chez Rabbi Moshé et lui demanda de lui rendre un service. Rabbi Moshé ne refusa pas et accepta de suite de leur donner un étage entier, seulement à une condition que lorsqu’il voudra se marier, qu’ils quittent la maison.

Ainsi cette famille vint chez le Rabbi qui les reçut très bien et essaya de les aider de ses moyens. Pendant la semaine, le Rabbi monta pour les consoler et il vit une jeune fille assise par terre et lui dit : “Quel est ton nom ?” Elle lui répondit “Mazal”. Le Rabbi comprit de suite que les présages de son père s’accomplissaient. Il attendit la fin d’un mois et il monta de nouveau afin de demander la main de la jeune fille Mazal. Dès qu’il entra, la mère lui dit : “Tu sais que c’est ton père Rabbi Haïm Pinto qui donna son nom à Mazal et il y a 16 ans et, il m’a dit que cette fille était destinée à l’un de ses fils, Rabbi Moshé”. Un frisson lui traversa complètement le corps et soudain, il se souvint du jour où Rabbi Haïm Pinto lui dit : “Seulement maintenant est née ta future femme qui est âgée d’un jour !” Rabbi Moshé s’est aussitôt fiancé et le soir de ses noces, après que les invités furent partis, ils s’assirent pour manger. De suite la mère de la jeune femme se souvint et leur dit : “Je me souviens que le jour où Rabbi Haïm Pinto donna son nom à ma fille, il me dit que le soir de ses noces, elle mangera avec son mari du pain acheté au-dehors afin qu’ils aient une longue vie dans la joie de leurs enfants et petits enfants”. Et ainsi fut fait.

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Qu’est-ce que la Hachga’ha ?

(hāsh-gā-ḥāh) השגחה racine : שגח
Mots liés : Supervision, gestion

Hachga’ha est généralement traduit par « providence ». En termes théologiques, lahachga’ha signifie que, non seulement Hachem sait ce qui ce passe ici-bas, mais Il le supervise également. La hachga’ha est une forme de relation à double sens entre Hachem et la création dans laquelle chacun répond à l’autre et interagit avec lui.

Une forme de ce mot apparaît dans le livre des psaumes : « De Sa résidence, Il supervise tous les habitants de la terre. »

La hachga’ha constitue une différence fondamentale entre les cosmologies juive et païenne. Les païens croient généralement aussi en une divinité suprême, mais ils la considèrent trop suprême et trop élevée pour s’abaisser à suivre la marche de ce bas monde. Les philosophes païens, tels qu’Aristote, considéraient que la sagesse de D.ieu ne s’engageait que dans les mondes idéaux et intemporels au-delà du nôtre. Les récits de la Torah et son affirmation que le D.ieu suprême règne sur toutes les forces de la nature la placent en opposition directe avec cette conception.

Deux approches

Bien que l’ensemble des penseurs juifs classiques, sans exception aucune, reconnaissent la domination absolue et l’omniscience de D.ieu « depuis les cornes des buffles jusqu’au plus petit des poux », deux approches distinctes de Sa hachga’ha se dégagent néanmoins des textes classiques du Judaïsme :

D’une lecture littérale des textes des Écritures, du Talmud et du Midrache ressort une image de D.ieu totalement impliqué dans chaque détail de Son œuvre, prodiguant même « au petit du corbeau ce pour quoi il crie ».

Les philosophes du Judaïsme, toutefois, ont considéré que D.ieu a un rôle plus passif. Pour eux, le degré de la supervision divine correspond directement à la manière dont l’homme parvient à transcender les sujets terrestres. Un tsaddik est enveloppé dans la supervision de D.ieu dans chaque détail de sa vie, tandis qu’une personne grossière et matérialiste évolue dans un monde de causes aléatoires et naturelles, à l’instar de la faune et de la flore. Dans ce domaine inférieur, les philosophes considèrent que la hachga’ha s’exerce seulement dans la mesure où un événement affecte le plan divin. Pourtant, même selon ce point de vue, « la circonstance fortuite a sa source en Lui, car tout provient de Lui et est contrôlé par Sa supervision. »

Le Baal Chem Tov est crédité de la réintroduction de l’idée de hachga’ha pratite : la supervision divine dans le détail de chaque événement et de chaque créature. Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, l’un des premiers principaux promoteurs de la pensée ‘hassidique, a articulé une base rationnelle de ce point de vue en reliant la hachga’ha à un autre thème essentiel de la pensée juive, celui de la création permanente.

Où cela nous mène-t-il ?

La foi en la hachga’ha du Créateur fournit la base du Bitarone . À travers votre foi en Sa hachga’ha, vous vous élevez à un niveau où D.ieu est intimement impliqué dans votre vie, d’une manière ouverte et bénéfique.

Celui ou celle qui croit en la hachga’ha pratite rencontre D.ieu dans tout ce qu’il ou elle voit et entend. Chaque facette de la vie devient une nouvelle opportunité de nous connecter à Hachem, et ainsi une nouvelle cause de célébration.

Par Rav Tzvi Freeman

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Le déracinement de l’idolâtrie !

Le Arizal (Rabbi Its’hak Louria), le maître de la kabbale disait qu’il était monté en Israël pour transmettre son savoir à Rabbi ‘Haïm Vital. C’est Rabbi ‘Haïm Vital qui va, avec son fils Chemouel, mettre par écrit l’enseignement du maître, en particulier dans son énorme volume « Chemona Chearim ». Rabbi Haïm Vital retourna à la fin de sa vie à Damas d’où il était originaire. Nous sommes alors à la fin du 15° siècle et beaucoup de juifs fuyant l’inquisition, se fixent à Damas. Rabbi Yossef Pinto, fuyant le Portugal, vint s’installer à Damas. Son particularisme : connaissance en Thora, richesse et tsédaka. Son neveu, Rabbi Yochiya Pinto devint le beau-fils de Rabbi ‘Haïm Vital. Rabbi Yochiya écrivit un commentaire sur le « Aïn Yaakov ». Mais c’est surtout sur une mission spécifique que lui indique R.H. Vital que se centralise sa vie : « Ton devoir », lui dit Rabbi ‘Haïm Vital, « sera de combattre l’idolâtrie, de la déraciner afin de proclamer le règne d’Hachem sur terre. R.H. Vital lui demanda de l’enterrer à Damas, et le vieillard lui expliqua qu’une fois qu’il serait mort, il sera en mesure de lutter contre cette avoda zara, jusqu’à la carboniser. A Constantinople, vivait un juif pauvre qui tirait ses revenus du commerce de la friperie. Devenu subitement riche, ce dernier se mit à faire beaucoup de tsédaka. De passage à Constantinople, R.Y. Pinto fut reçu par ce juif avec beaucoup d’égards. Le kabbaliste découvrit que son bienfaiteur avait été très pauvre auparavant et qu’il s’était enrichi sans peine. Comment as-tu fait pour t’enrichir si vite lui demanda le Rav ? L’ancien fripier lui raconta alors son histoire : « J’avais fait l’acquisition d’un tas de ferraille démodé; au cours du tri, j’ai mis la main sur un objet en cuivre dont il sous-estima la valeur et le rejeta dans le lot de ferraille. Je fus alors surpris d’entendre une voix me dire : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » Déconcerté par cet appel, je me suis retourné et scrutai cet amas de fer. Une deuxième fois, une voix m’interpella :  »Si tu te donnes la peine de me considérer, tu seras récompensé ». Le fripier localisa l’endroit et mit la main sur le métal. Et effectivement, la situation financière du fripier  s’améliora beaucoup et il devint riche. Voilà comment j’ai ramassé une richesse colossale  »R.Y. Pinto lui expliqua qu’il devint idolâtre malgré lui ». Va chercher cet objet qui n’est rien d’autre qu’une idole. Le kabbaliste la réduisit en débris qu’il jeta à la mer. Il arriva même à convaincre le fripier de détruire de ses propres mains tous les bénéfices tirés de cette idole. Le fripier fut tout le reste de sa vie, respecté et admiré pour cet acte par les gens de sa ville. Rabbi Y. Pinto comprit qu’il ne pourrait détruire toute l’idolâtrie du monde. Il décida alors d’écrire un Sefer Thora avec des kavanot kabbalistiques, qui serait un élément de combat contre l’idolâtrie. Rabbi Y. Pinto pût écrire les 4/5 du Sefer Thora; sa rédaction commencée donc il y a 400 ans par R. Yochiya, fut terminée il y a 150 ans par Rabbi ‘Haïm Pinto de Mogador. L’ère messianique approchant, l’autorisation fut donnée pour que l’on présente ce Sefer Thora aux juifs du monde entier. Après l’exil de Damas, la famille se dispersa; en Hollande, R. Abraham Pinto, à New York, R. Its’hak Pinto (1721), au Maroc, Rabbi Chlomo Pinto qui eut un fils le 15 Tamouz 1749, Rabbi’ Haïm Pinto, né à Agadir. Il devint orphelin à l’âge de 10 ans; la même année, un tremblement de terre détruisit entièrement Agadir. Les juifs rescapés furent nombreux à s’installer à Mogador (Essaouira). Parmi les réfugiés se trouva également Rabbi Haïm Pinto. Il se plongea alors dans l’étude de la Thora et devint un maître incontesté au Maroc. Rabbi Haïm Pinto étudia la Torah à la Yéshiva de Rabbi Yaacov Bibas, le Dayan de la ville, en compagnie de Rabbi David Ben Hazan. La réputation de Rabbi Haïm Pinto fut tellement grande que tout le Maroc résonnait les miracles et prodiges accomplis et ce depuis son plus jeune âge. On raconte que Rabbi ‘H. Pinto rencontra un jour sur son chemin un juif à qui il demanda une grande somme d’argent. Celui-ci au début refusa, mais il finit par accepter connaissant la force du Tsadik. Il donna ce qu’il possédait sur lui à Rabbi ‘Haïm; quelques minutes après, des bandits l’attaquèrent et ne purent lui voler son argent qui n’était plus en sa possession. En 1769, son maître Rabbi Yaacov Bibas mourut, la communauté de la ville se tourna vers Rabbi Haïm Pinto pour qu’il accepte la lourde charge de Dayan de la ville. Il finit par accepter d’assurer cette responsabilité en compagnie de son ami Rabbi David Ben Hazan. Il n’avait alors que vingt ans. Rabbi Haïm Pinto exerçât son mandat de Chef du Tribunal Rabbinique de manière très ferme et quand cela était nécessaire, il savait être sévère. Jamais, il ne laissât quelqu’un agir dans l’erreur. Il exerça cette fonction pendant plus de 70 ans. Rabbi ‘Haïm enseignait dans son Beth Hamidrach la force du mérite de la Tsédaka. Un jour, il arrêta son cours et sortit dans la rue avoisinante; il s’adressa à un juif pour lui demander de faire la mitsva de la tsédaka. Celui-ci refusa et Rabbi ‘Haïm insista plusieurs fois pour le faire fléchir, mais en vain; Rabbi ‘Haïm dit alors à l’un de ses élèves de courir après le juif et qu’il lui lise le « Chéma Israël » au moment de sa mort. Après ce triste incident, il expliqua à ses élèves qu’il avait essayé par le mérite de la tsédaka de sauver la vie de ce juif, mais ce dernier ne voulut pas participer. Rabbi ‘Haïm Pinto fut depuis l’âge de 18 ans et ce, durant toute sa vie Av Beth-Din à Mogador. Il quitta ce monde le 26 Eloul 5600 (1845), à l’âge de 96 ans.

Que son souvenir soit une bénédiction pour tout le peuple juif !

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